LA DIACONIE OUVRE LES PORTES DE L’EGLISE FERMEE EN PLEIN CONFINEMENT

PAROISSE SAINTE ELISABETH BLOSNE-POTERIE-FRANCISCO
FERRER :

Protéger, se protéger en restant chez soi et garder le
lien paroissial par la ferveur de la mission de la diaconie au cœur du
confinement dû à la covid-19, voilà ce que ce temps carême imprévu a suscité
comme une des priorités dans le cœur des chrétiens. Deux outils se sont
immédiatement présentés comme canal de communication : le site internet de
la paroisse et la messagerie électronique.

Ainsi, une base de données regroupant 130 adresses
électroniques a été créée à partir des différents services afin d’assurer avec
les paroissiens, l’échange des nouvelles et d’informations, la chaîne de prière
et de partage de méditations de textes divers.

Par ce canal, la démarche communautaire de carême,
(plusieurs mouvements mobilisés) consistant à la méditation communautaire de
l’Evangile et de Laudato si a pu être continuée, animée par le CCFD, et
achevée le dernier jeudi de carême avant la semaine sainte, par la
soirée miséricorde proposée dans les familles, églises domestiques.

L’Evangile au bas des Tours a connu depuis plus d’une
vingtaine d’années, pour la première fois, des vendredis sans rencontre. Mais
chacun des participants, pour ceux qui ont des adresses électroniques, était
invité, aux heures habituelles, à méditer le texte d’évangile et à participer
par écrit à des échanges éventuelles. De beaux comptes-rendus, comme à
l’habitude, de ces rencontres virtuelles, témoignent de ce lien resté fervent.
Dans cette tour au 3 place de Prague il se vit
aussi de la solidarité, spécialement auprès des personnes âgées, y compris, les
animatrices, les sœurs Michelle et Claudine.

L’aumônerie de la santé elle, a envoyé
une carte de sympathie aux résidents et au personnel des maisons de retraite,
et reçoit régulièrement des nouvelles. Elle a proposé le chapelet à Lourdes à
partir de 15h30 sur KTO comme prière commune. Et l’animatrice communique le nom
de quelques personnes contactées directement par téléphone. Actuellement nous cherchons, en cas de besoin urgent, des bénévoles pour
aider les résidents à manger. Les repas sont apportés en chambre individuelle
au jardin d’hermine ; Les équipements nécessaires seraient fournis.

Certains chrétiens dans les quartiers, restent en
contact avec des personnes seules, notamment dans le voisinage proche. Voici quelques
témoignages par exemple :

« Garder
les liens, c’est bien un des problèmes qui se posent à nous, membres du
collectif du 6, pour garder le contact avec les personnes à la rue tout en
respectant les consignes de confinement. Faute de pouvoir visiter des personnes
comme d’habitude, nous nous répartissons chaque semaine 5 ou 6 personnes chacun
auxquelles téléphoner pour prendre des nouvelles, et pas les mêmes chaque
semaine de façon à ne pas arriver à des liens trop privilégiés avec tel ou tel.
Les personnes qu’on appelle par téléphone sont
environ 60. Et par ailleurs nous envoyons un SMS hebdomadaire à un groupe de
140 personnes. Avec les membres de la communauté Source Vive (interne au
collectif) nous avons chaque samedi soir un temps de prière grâce à une
plateforme téléphonique. A 18h30 chacun peut composer un n° de téléphone qui le
met en relation aussitôt avec tous les autres Un vrai et beau temps de prière.
Seul inconvénient : ce n’est pas simple de chanter ensemble par téléphone,
c’est un outil qui s’y prête mal. Pas adapté à certaines longueurs d’ondes.
N’empêche que ça fait du bien à une quinzaine de “copains” à chaque
fois de pouvoir prier ensemble ».

« L’une de nos voisines nous a demandé de lui mettre
le journal Ouest-France dans sa boîte aux lettres   avec deux autorisations de sortie dans la
journée. Elle a son fils handicapé avec elle. Elle suit plus facilement les
nouvelles locales et son fils, avec l’autorisation, accepte plus sereinement de
sortir   dans l’après-midi. Et à 20
heures, on est plusieurs à applaudir pour tous ».

« Lisette prend en charge
Monique Chatenay 92 ans bientôt, Un peu perdue depuis le début du
confinement. Habituée à se rendre en ville pour le repas de
midi, elle reçoit désormais les repas à domicile. Elle oublie, ne sait pas
ce qu’elle doit manger, Lisette se rend chez elle, veille à ses repas, sort
tous les jours avec elle. Nous essayons d’être attentives aux voisins.
Quand je vais chercher du pain, j’en prends aussi pour deux voisin(e)s âgés
ou en mauvaise santé. Un neveu, éleveur de volailles, m’a proposé de nous
livrer des volailles, des découpes de volailles. J’ai fait part de sa
proposition à tous les voisins de la rue. Plusieurs ont été très
intéressés. La livraison aura lieu demain. Je téléphone aux
personnes âgées, seules, que je connais ».

Une habitante du 13 cours Bilbao, Mme
Perreira, employée dans un cabinet médical, s’est lancée dans la confection de
masques en tissus lavables pour les soignants, nécessitant 60 cm d’élastiques.
Elle était à la recherche d’élastique de couture, de
préférence plat de 6mm de largeur. Certains ont pu lui apporter un soutien.

Le couple Burban propose quotidiennement
du coloriage à destination des enfants mais aussi des plus grands, afin d’occuper
ludiquement la journée en nourrissant l’imaginaire.

Une attention est aussi portée à
l’endroit de ceux qui n’ont pas de contact électronique, notamment des
chrétiens de l’église St Joseph : les documents de la célébration de la
semaine sainte leur ont été portés (à une cinquantaine de personnes) par des
bénévoles. Certains fidèles ne manquent pas d’appeler les prêtres afin de
prendre de leurs nouvelles ou de les encourager par divers moyens. Eux-mêmes
célébrant l’eucharistie avec le peuple confiné, mais bien présent. Rien de plus
beau que de vivre comme famille solidaire.

Avec la collaboration de tous les veilleurs de
l’Eglise fraternelle en ligne

Père Vast-Amour ADJOBI, curé.