Homélies

 

vierge 

Homélie du 3ème dimanche de Carême (31 mars 20219)

(Avec Scrutin à Benoît)

Chers frères et sœurs, à partir du troisième dimanche de Carême, les catéchumènes, soutenus par la prière de toute la communauté, se préparent particulièrement à vivre le sacrement du Baptême par les scrutins. Les scrutins sont des prières que l’on dit avec et pour ceux qui seront baptisés. Il y en a trois. Ils ont pour but d’aider les catéchumènes à se laisser envelopper davantage par l’amour de Jésus-Christ qui se révèle à eux comme le Sauveur du monde, Celui qui donne l’Eau-Vive, comme la Lumière du monde, Celui qui fait voir les aveugles et comme le Maître de la vie, Celui qui ressuscite les morts. C’est pourquoi nous lirons pendant trois dimanches, à compter d’aujourd’hui l’évangile de la Samaritaine, l’évangile de l’Aveugle-né et celui de la résurrection de Lazare.

Jean, Karl-Luis, Blaihume et Marie-Pierre, Le Seigneur Jésus vient faire route avec vous et se donne à connaître. Toute la communauté vous soutient par sa prière.

Dans la première lecture que nous avons écoutée, lecture tirée du livre de l’Exode, Dieu se révèle à Moïse. Il lui dit : «Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob » Ce Dieu est fidèle. Il a vu, Il a entendu et Il est descendu. Il a vu la misère de son peuple qui ploie sous le joug de l’esclavage. Il a entendu son cri de détresse qui monte vers Lui. Et Il est descendu pour le sauver. Dieu n’est pas indifférent vis-à-vis de la misère de l’homme. Il ne l’a pas fait pour la souffrance, mais « pour qu’il ait la vie et la vie en abondance » (cf. Jn 10,10)

Et pour venir en aide à son peuple, Il choisit Moïse. C’est une mission lourde et grave pour cet homme qui avait au préalable échoué dans cette entreprise. Moïse veut des assurances, il demande le nom de Celui qui l’envoie. Et Dieu lui réponds : « Je suis qui je suis […] Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : Celui qui m’a envoyé vers vous c’est JE-SUIS.» Pour se dérober à sa mission, Moïse, plus loin (nous n’avons pas lu ce passage aujourd’hui), essaiera de faire valoir un autre argument. Il dit : « Pardon, mon Seigneur, mais moi, je n’ai jamais été doué pour la parole, ni d’hier ni d’avant-hier, ni même depuis que tu parles à ton serviteur ; j’ai la bouche lourde et la langue pesante, moi ! » (Ex 4,10) Mais le Seigneur maintient son choix et attend la coopération de Moïse à son œuvre libératrice en faveur d’Israël.

Frères et sœurs, aujourd’hui encore Dieu voit la misère de son peuple, la misère de l’humanité. Cette misère s’appelle injustice, guerre, persécution, solitude, faim, tension sociale, maladie, colère permanente, refus de pardonner etc., tout ce qui fait de l’homme un esclave. Il voit cette misère et veut nous en libérer avec notre pleine participation.

Le temps de Carême est ce temps favorable pour ouvrir notre cœur au Seigneur, pour lui présenter notre esprit, notre intelligence et notre volonté afin qu’Il les touche, et qu’Il agisse par nous et avec nous.

Dans l’évangile, Jésus échange avec une samaritaine venue chercher de l’eau au puits de Jacob. Il commence par lui demander à boire. Et la femme de s’étonner :« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? ». En effet, Juifs et Samaritains ne se parlaient pas, se vouaient même une certaine inimitié. Mais Jésus brise ce mur de l’inimitié en lui adressant la parole, en lui faisant une demande. Et progressivement lui fait prendre conscience de la soif profonde de son cœur, la soif d’Eau-vive, la soif de rencontre avec le Sauveur du monde :«  nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde».

Et nous, avons-nous conscience de la soif qui nous habite ? Sommes-nous prêts à faire tomber les murs d’injustice, de tension voir de haine, pour aller à l’autre lui parler et le connaître tel qu’il est? Avons-nous le courage du dialogue ?

Demandons au Seigneur, au cours de cette eucharistie, d’étancher nos soifs personnelles et communautaires, de nous donner partout où cela est nécessaire (en famille, au service, en communauté, dans nos différents milieux de vie), la force de construire des ponts de dialogue là où le mur silencieux de la colère, du mépris et l’indifférence commence à s’ériger.

Qu’il nous entende et nous exauce, Lui qui est vivant pour les siècles des siècles ! Amen !  

 

10 mars 2019 - 1er dimanche de Carême
 
L'idée-force de ce dimanche : Semeurs de Paix. Et la première lecture nous parle de présenter au Seigneur les prémices de nos récoltes. Nous voici invités, en ce début de carême, à être des jardiniers. Des jardiniers de paix, de fraternité, de justice, d'humanité et d'espérance.. Bien sûr quand on habite une tour, on n'a pas de jardin sur le balcon. Mais ce n'est pas grave, puisque le jardin à cultiver c'est notre cœur. Et les outils pour jardiner notre cœur, c'est la Parole de Dieu, c'est la prière personnelle et ensemble, c'est la participation à l'ACE, à l'aumônerie, aux scouts; c'est la Révision de Vie en Mouvement, c'est l'accueil de l'autre et le service du frère, l'attention portée aux copains et copines sur la cour de récré et en classe. Alors, si vous le voulez bien, quelque soit notre âge, mettons-nous dans la peau de ce jardinier de Paix.  Premier travail :  prendre connaissance du terrain. Regardons si le terrain de notre cœur n'est pas rempli de ronces, qui s'appellent violence, colère, peur, ne penser qu'à soi, faire mal aux autres, etc… Il faut enlever tout ça pour que la graine d'amour a mise en nous puisse grandir. Préparer la place pour y semer de bonnes graines. Ce qui est énervant, c'est que, même quand on arrache, les mauvaises herbes repoussent et il faut à nouveau les arracher. Il en est de même pour mes défauts, mes petits et gros péchés, etc… Il me faut sans cesse lutter contre eux. Mais courage ! Le Christ, nous le voyons dans l'Evangile, a affronté le mal et il l'a vaincu, et il veut nous entraîner avec lui dans cette dynamique. Ensuite, avant de semer, il faut bêcher, retourner la terre, l'émietter finement pour que la graine puisse s'y glisser et développer ses racines. Pour mon cœur, c'est pareil, il faut le travailler, le retourner, lui permettre de réaliser un changement, une conversion. Car la conversion c'est bel et bien un retournement. Au lieu d'être tourné vers moi-même, je me tourne vers Dieu et vers mes frères. Et cela aussi, c'est toujours à recommencer. Mais je sens que je vais vous décourager de jardiner … le cœur. Alors, pas de panique, le plus dur est fait. Maintenant on va pouvoir semer. Semer quoi ? Des paroles, des regards, des gestes qui feront germer l'amour mutuel, l'entraide, la solidarité, la paix. La copine ou le copain exclu , isolé sur la cour de récréation, on va l'inviter à se joindre à nos jeux, et, miracle, on va alors découvrir qu'il ou qu'elle n'est pas tel(le) qu'on l'imaginait. Et c'est pareil avec les collègues de travail ou les voisins. Ce n'est pas une explosion impressionnante, mais une croissance régulière qui donnera de beaux fruits. Alors, oui, c'est exigeant. Ce n'est pas la satisfaction immédiate de nos désirs, comme nous le font miroiter certaines publicités : Tout, tout de suite, et gratuit ou presque. Travailler pour la Paix, cela nous demande de faire confiance, de semer sans avoir vu le résultat final. Viendra enfin le temps de la récolte. Elle sera belle, abondante (Jésus nous donne sa vie en abondance). Les fruits de la Paix feront la vie plus belle, pour nous et pour les autres, dans le quartier, à l'école, en famille, au travail. Tout le monde en bénéficiera. Et nous oublierons les efforts, les renoncements, les conversions un peu difficiles, pour être dans la joie et goûter à une vie renouvelée. Et nous pourrons présenter au Seigneur les prémices, les premiers fruits, de nos récoltes. Lui dire merci. Et, goûtant ces fruits délicieux, nous aurons envie de continuer dans le même sens, jour après jour, bien au-delà du temps du carême. Nous pourrons renoncer à la recherche de la satisfaction de nos petits plaisirs immédiats et passagers, pour choisir le bonheur profond et durable que procure la vie à la manière de Jésus. Et notre joie, notre paix seront contagieuses. Ce combat, car c'en est un, contre le mal, Jésus l'a livré. L'Evangile de ce jour en témoigne. Conduit par l'Esprit Saint, avant de commencer sa mission publique, Jésus se retire au désert. Lieu de silence, propice à la réflexion. Lieu de rencontre et d'alliance avec Dieu, mais aussi lieu de tentation, comme pour le peuple hébreu fuyant l'esclavage en Egypte. Le chiffre  de 40 est symbolique : il indique une certaine durée, nécessaire au mûrissement. Ce qui set vrai, c'est que Jésus est tiraillé par la faim. Que faire ? Céder à la faciliter en changeant des pierres en pain ? Non. Sa réponse : "L'homme ne vit pas seulement de pain". En dehors de la nourriture, quelles sont nos faim à nous aujourd'hui ? Avons-nous faim de la Parole de Dieu ? Faim d'amour, de bonté, de justice, de solidarité, de paix ?  Et voilà la tentation du pouvoir ! Dominer, commander, avoir toujours raison, posséder le plus possible de choses, même inutiles… La possession et la domination au lieu du service. A quoi cela nous mène-t-il ? A nous mettre à genoux devant des idoles comme l'argent, la tricherie, la rivalité, chercher à écraser ceux qui nous gênent. Pour Jésus, pas question, de se mettre à genoux devant le mal par envie de puissance, alors qu'il est venu non pour être servi mais pour servir.  
Tentation de mettre Dieu à l'épreuve. Sauter du haut du temple. J'ai envie de faire n'importe quoi pour me faire remarquer. Dieu viendra bien à mon secours. Tentation du paraître au lieu de l'être, en ne donnant pas à voir ce qu'on est réellement. De quoi voulons-nous être témoins ? De nous-mêmes ou de l'Amour sans condition de Dieu pour chacun ?… Jésus répond là encore en citant l'Ecriture : "Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu". Il dit au contraire et nous invite à dire, comme au jardin des oliviers : "Que ta volonté soit faite". Ne nous y trompons pas, ce n'est pas de la résignation, puisque la volonté de Dieu c'est l'homme vivant et heureux. Jésus nous ouvre un chemin de confiance et d'amour. Engageons-nous à sa suite sur ce chemin, exigeant mais porteur d'espérance, pour nous et pour les autres. Etre attentif au plus fragile, à l'école, au travail, en famille, c'est contagieux. Seul, cela peut être difficile. Mais ensemble et surtout avec l'aide de l'Esprit Saint cela est possible. Dans cette Eucharistie, présentons-nous devant le Seigneur avec toutes nos fragilités, et avec notre volonté de nous améliorer pour porter du fruit, et un fruit qui demeure. Engageons-nous confiants et joyeux sur un chemin de conversion qui nous mène à la victoire de Pâques, pour être des semeurs de paix, de fraternité, de justice, d'humanité et d'espérance.

Confirmations - fête de Saint Jean-Baptiste. église saint Benoît, 24 juin 2018

Chers jeunes,

il vous est donné de recevoir l'Esprit Saint, don de Dieu dans le sacrement de la confirmation alors qu'avec toute l’Église nous célébrons la fête de la naissance de saint Jean-Baptiste. C'est très rare qu'on fête la naissance d'un saint. Ordinairement, on les fête à la date de leur mort considérée comme leur entrée, leur naissance à la vie de Dieu pour toujours. Et, en plus, ici, c'est un saint avant Jésus. En fait, nous ne célébrons que la naissance de Jean-Baptiste et la naissance du Christ.

Et pourquoi célébrons-nous la naissance de Jean-Baptiste ? Parce que ce cousin de Jésus est venu pour rendre témoignage à la Lumière qu'est Jésus, au seuil des temps nouveaux inaugurés par Jésus. Jésus a souligné lui-même le rôle hors du commun de son cousin Jean- Baptiste : « Parmi les enfants des femmes, nul ne s'est levé de plus grand que Jean-Baptiste. »

Chers jeunes, votre situation est bien différente de celle de Jean-Baptiste. Tous nous sommes nés après Jésus et le baptême que vous allez recevoir, Ruth et Samantha, n'est pas celui de Jean-Baptiste, nous sommes baptisés dans la mort et la résurrection du Christ Sauveur.

Mais il est un élément tout à fait important et que je voudrais vous dire : le sacrement de confirmation, le don de l'Esprit que vous recevez dans ce sacrement vous constitue aussi témoins pour rendre témoignage, pour dire à vos amis, par vos paroles et par vos actes que Jésus est la Lumière de vos vies.

Et vous pourriez vraiment reprendre à votre compte la parole du prophète Isaïe : « Le Seigneur m'a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur »... Et le prophète ajoute : « c'est trop peu que tu sois mon serviteur ; je fais de toi la lumière des nations pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »

Peut-être pensez-vous que c'est trop pour vous. Je ne suis pas sûr. Elle est grande votre mission de chrétiens qui allez être confirmés. Bien sûr, il y a beaucoup de manières d'être la lumière des nations. Être témoins de la justice, de la vérité et de l'amour de Dieu près de ceux qui vous rencontrez, en les respectant, mais sans peur, un peu comme des guerriers à la manière encore d'Isaïe quand il dit : « Le Seigneur a fait de ma bouche une épée tranchante, il a fait de moi une flèche acérée ».

C'est une image, mais ça dit bien que la vie chrétienne, ce n'est pas une vie de tout repos. C'est une vie pour défendre, pour protéger de l'injustice ceux qui en ont besoin, pour partager avec eux. Vous êtes sensibles à cette vie avec d'autres. C'est aussi dire par nos paroles que nous pouvons dire notre foi, ce qui est important pour nous, ce qui nous habite. Et c'est un vrai travail, et il faut la force de l'Esprit.

Regardons encore la figure de Jean-Baptiste. Que nous dit l’Évangile ? Qu'il portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins, qu'il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Voyez un peu ce que ça pouvait donner... Et qu'est-ce qu'il disait à ceux qui venaient se faire baptiser par lui dans le Jourdain ? « Engeance de vipères ! Convertissez-vous ! ». Et quand les gens lui demandaient : « Que devons-nous faire ? », Jean-Baptiste leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même ! »

Voilà Jean-Baptiste, le cousin de Jésus !

Chers jeunes ! Et si vous receviez la force de l'Esprit-Saint pour devenir comme des Jean- Baptiste ?

Une dernière chose que je voudrais vous dire ! « Jean est son nom ! ». Ainsi s'exprime Zacharie, son père, pour dire que c'est le choix de Dieu.

Dieu nous appelle aussi chacun par notre nom et il nous aime et il a un projet pour nous que nous pouvons accueillir dans notre liberté. Et à cette indication que Zacharie donne sur une tablette juste avant de retrouver la parole, la crainte saisit alors tous les gens du voisinage et ils disaient : « Quel sera donc cet enfant ? » comme une question d'Espérance pour leur vie aujourd'hui et demain. Et la main du Seigneur était avec Jean-Baptiste comme elle est aussi avec chacun d'entre nous.

Chers jeunes, c'est comme l'annonce prophétique du triomphe du Christ au matin de Pâques.  Et je voudrais vraiment vous inviter à la confiance et à ne pas avoir peur. C'est une indication pour nos propres chemins de vie humaine et croyante. Quand nos esprits sont déboussolés par les contradictions de la modernité, ou les contradictions dont nous sommes responsables, quand nos coeurs sont ballottés en tous sens par des sentiments contraires, quand notre foi est affrontée au doute, à l'indifférence, à l'hostilité des autres, mais aussi à nos propres peurs et interrogations, croyons que Jésus est là, qu'il nous connaît par notre nom et qu'il nous dorme son Esprit.

C'est sans doute de cette manière que nous sommes appelés à conduire notre vie chrétienne aujourd'hui. Chrétiens, nous ne devrions pas connaître la peur, non pas parce que nous serions téméraires ou particulièrement braves, mais parce que nous savons « en qui nous avons mis notre foi ».

Alors, quand nous pensons que tout est perdu, que l’Église va couler ou qu'elle a fait son temps, croyons-nous vraiment que Jésus tient la barre et qu'il nous donne son Esprit ?

Cette foi et cette espérance peuvent nous aider à être solidaires de ceux qui ne peuvent plus tenir debout, ceux qui perdent confiance, qui désespèrent devant le mal, la mort, la division, l'injustice.

Est-ce que nous travaillons encore pour que cette barque de l’Église, bien arrimée au Christ mais ballottée parfois sur les vagues, reste un signe de foi et d'espérance dans la rumeur du monde ?

Amen

 

HOMELIE DE LA VEILLEE PASCALE  (31  mars 2018)

 

Homélie 

 

 

 

Alléluia ! Voici la nuit de l’espérance. Notre grand frère à tous, Jésus le Christ, le Fils de Dieu rayonne par sa victoire sur le mal, sur la mort. L’humanité est en fête car le Dieu qui s’est fait homme a brisé les chaînes de la mort. Le Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité. Alléluia.

L’Église est en fête. Car, ce soir, la nuit est déchirée par la Lumière. Le voile de mort est déchiré par la vie ! La tristesse est vaincue par la joie ! La déception a rencontré l’espérance. Le bouleversement a connu son renversement. La fin a vu l’éternité bienheureuse. L’inquiétude a rencontré la quiétude.

Le lendemain du Sabbat, Marie Madeleine, Marie, Mère de Jacques et Salomé se rendent au tombeau, pleines d’inquiétude. « Qui nous roulera la pierre » ? Nous cherchons à toucher Jésus en qui nous avions mis notre confiance, il est dans le tombeau, notre espérance est dans le tombeau, nous avons un obstacle, mais qui lèvera pour nous cet obstacle ?

Des obstacles en ce monde, chacun peut en connaître. Tout ce qui pollue nos rêves, notre espérance, nos perspectives d’avenir, tant le présent peut être rempli d’inquiétude et d’incertitude. Tous ces migrants et réfugiés qui affrontent le danger de la Méditerranée ou le périple de l’exil dans l’espérance de trouver la quiétude et vivre l’espérance, toutes ces petites morts que disent les déceptions du quotidien, les injustices ambiantes, et le pouvoir du mal qui nous touche parfois au plus près.

Ce soir nous pouvons réentendre la voix de ce jeune homme vêtu de blanc « Vous cherchez le crucifié ? Il n’est pas ici. Il n’est plus dans le tombeau. Il a levé l’obstacle. Il a levé ce qui fermait l’entrée dans la mort. Il a ouvert la vie. Il a ouvert la voie de l’espérance. La pierre est roulée, la vie est déroulée. Il est Ressuscité ». Chrétiens, soyons les témoins de cette espérance.

Comment ne pas évoquer ici le sacrifice de Arnaud Beltrame, converti et confirmé il y a quelques années, il redécouvre ses racines chrétiennes. Il a donné sa vie pour cette femme prise en otage par la mort. Il vivait sa foi depuis quelques années et préparait son mariage religieux. Il a été signe d’espérance pour cette otage à jamais marqué par ce sacrifice. Sa bravoure de soldat s’est accrue par la force de sa foi. Il a manifesté le geste du Christ.

Plus encore, le cœur de tout homme plein d’amour peut être un beau signe de résurrection. Ne laissons pas nos cœurs en proie au tombeau du désespoir. Alors cherchons ce Dieu vivant qui est capable de faire sourire nos cœurs, sûrs d’être vraiment aimés, quand sur nous pèse le poids des limites. Oui Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver »

Evelyne cette parole me fait bien penser à toi. Toi dont le parcours de foi est une belle histoire de recherche et de réponse à l’appel du Seigneur. En fait Celui que tu cherchais depuis jusqu’à ce jour de ton baptême, tu l’avais déjà dans ton cœur, parce que Lui t’avais déjà trouvée. Et ce soir, entourée de tes proches et de ton équipe d’accompagnement, tu viens renaître à cette source d’eau qui donne la vie. Ton espérance est grande, parce que pour toi, la mort n’est qu’un passage, et non une fin. Et le Christ nous ouvre le passage. Pâques, c’est cela : le Passage.

Alors avec Jésus, vivons chaque instant ce beau passage. Car quelle que soit l’épreuve le Jour finit toujours par se lever. Alors bénissons Dieu qui demeure quand tout passe, et bénissons-le chaque instant qui passe. Que nos vies soient bénédiction, nos joies et nos projets. Que toute difficulté et toute crainte connaisse le passage de cette bénédiction par le mérite de la résurrection de notre Seigneur. Amen

 

HOMELIE DU DIMANCHE 21 JANVIER 2018 (PERE CHESNEL) :Cliquez ici

 

 

DIMANCHE 24 DECEMBRE 2017 NUIT DE NOEL HOMELIE DU P VAST AMOUR ADJOBI

 

Noel, Bonne nouvelle sur la Terre, un enfant nous est né, Bonne nouvelle en nos cœurs, Le Fils de Dieu est venu parmi nous. Bonne Nouvelle pour tous les hommes. Gloire à Dieu au Plus haut des cieux, et Paix sur la terre aux hommes qu’il aime. En général lorsqu’un enfant vient de naître, c’est une grande allégresse pour le couple, pour les familles unies. Mais ce soir là à cette époque en Judée, le couple Marie et Joseph n’avait personne pour se réjouir avec eux. Et pourtant c’était une Bonne Nouvelle, une naissance, un nouveau-né. Parfois on se réjouit de bonnes nouvelles dans des conditions bien difficiles.

 

Ils étaient dans une étable, pas commode pour un accouchement. Il n’y avait rien de plus chaud qu’une mangeoire. La seule visite chaleureuse c’étaient des bergers attirés par l’étoile, les brebis qui signifiaient déjà qu’un berger venait de naître pour le troupeau dispersé, endormi, dans la nuit d’un monde préoccupé par d’autres soucis, perturbé par d’autres nouvelles. Oui toutes ces nouvelles désespérantes qui font la une des journaux, qui font le tour du monde quand elles sont émouvantes, choquantes ou déstabilisantes, qui mobilisent l’attention de l’audimat, qui alimentent toutes les nouvelles qu’on se donne ensuite.  

 

Certes la Bonne Nouvelle de Noel est parue à la une des journaux aujourd’hui. On y voit des conseils cadeaux, des recettes à base de coquille St Jacques, de saucisse feuilletée, de magret de Canard, de chapon farci, de riz de veau braisé au porto, de foie gras au pain d’épices. Mais on oublie aussi ces repas simples qui font la joie des familles qui vivent avec le juste nécessaire. Et toutes ces associations qui pensent aux sans-abris, aux personnes seules. Mais peut-être encore seront nombreuses ces personnes qui n’auront pas de crème glacée ce soir.

 

Mais la Bonne Nouvelle c’est bien plus que cela, bien plus que les tables garnies de ce qu’on veut bien y mettre. Noel c’est d’abord l’Amour de Dieu pour tous les hommes. Paix aux hommes de bonne volonté. Jésus est de la lignée de David, lui-même descendant d’Abraham, le père de la foi, et ascendant de Joseph, époux de Marie, la mère de Jésus. Dieu est né dans une grande famille humaine, qui a une histoire, une histoire juive. Et il vient faire histoire avec nous.

 

Dieu en venant chez nous, n’attend pas de voir des tables bien dressées, toutes ces énergies déployées pour que tout soit bien rangé.

 

Noel c’est accueillir le grand Amour de Dieu dans nos cœurs à travers l’enfant Jésus. Nos cœurs peuvent ressembler à cette étable, vide, froide ou non chaleureuse, peut-être marqués par des espoirs déçus, des craintes, par la confiance blessée, ou la perte de l’amour de soi-même. Nos cœurs peuvent aussi par trop grande fierté, manquer d’humilité et de charité. Ce soir, nos cœurs peuvent devenir une crèche de Noel, où Dieu vient nous toucher au plus profond de ce que nous sommes, de qui nous sommes. Nous sommes différents et nous sommes ensemble parce que Dieu nous rassemble.

 

Voici donc la Bonne Nouvelle comme Isaïe l’annonçait. Dieu nous donne Jésus, un merveilleux-conseiller qui nous dit aimez-vous les uns les autres, soyons frères et sœurs. Un Dieu-fort qui est au-dessus de toute divinité et de toute idolâtrie de l’argent, de la technologie, de l’individualisme, un Dieu qui nous rend fort devant le mal.  Un prince de la Paix qui nous fait espérer au-delà de tout ce qui diviser et faire pleurer. Voici donc la Bonne Nouvelle que nous célébrons tous les ans : Croyons en l’espérance parce que Dieu lui-même connait notre humanité qui fait chemin avec ses difficultés.

 

Ce qui s’est passé à Bethleem dans la nuit il y a plus de 2000 ans continue de se passer aujourd’hui de cette façon-là. Dieu nous rappelle que notre humanité n’est pas laissée toute seule à sa pauvreté et à sa finitude. Il y met sa lumière et sa divinité afin que nos repas de familles ne soient pas une simple tradition, mais un véritable recommencement d’une relation d’amour, de confiance et de paix. Une véritable espérance que Dieu nous sauve, que Dieu est avec nous. Noel sans pardon et sans merci n’a pas de lumière. Noel sans je t’aime moi aussi n’a pas vérité. Alors soyons donc plein de lumière et de vérité en ce soir de Noel.

 

 

DIMANCHE 03 DECEMBRE 2017 1er DIM AVENT B HOMELIE DU P VAST-AMOUR

« Dieu fais nous revenir, que ton visage s’éclaire et nous serons sauvés ». Ce psaume est à la fois une prière et un appel au secours à Dieu. Il reprend le cri d’appel d’Isaïe en faveur des hommes d’Israël. Leur cœur s’est endurci et l’homme ne craint plus Dieu, l’homme n’appelle plus Dieu. Parce qu’ils croient en d’autres moyens et d’autres formes de salut. Mais Isaïe qui est un prophète insiste. Il reconnaît Dieu comme « notre-rédempteur-depuis-toujours ». « Personne n’invoque plus ton nom, nul ne se réveille pour prendre appui sur toi…. Mais maintenant, Seigneur, c’est toi notre père. Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes : nous sommes tous l’ouvrage de ta main ».

Peut-être qu’à notre époque aujourd’hui, les hommes prétendent à la même attitude. On ne sait plus trop où se trouve la place de Dieu dans ce monde. On pourrait nous faire croire que la Laïcité est un adversaire du nom de Dieu et paralyse le témoignage de foi. Et on comprend difficilement que Dieu normalement est présent en tout homme. Et que laïcité est aussi respect de religiosité. Dieu fais nous revenir de nos opinions qui nous enferment et nous éloignent de ce que Tu es. Que ton visage s’éclaire davantage et nous serons sauvés.

Le temps de l’Avent nous prépare à célébrer la naissance du Fils de Dieu qui prend visage d’homme, et plus encore, visage du pauvre. Sur chaque visage marqué par la pauvreté, le visage de Dieu peut s’illuminer si nous accueillons le pauvre dans sa dignité. Oui Seigneur, fais-nous revenir de nos comportements qui accroissent le fossé entre pauvres et riches, entre peuples développés et peuples en voie de développement, entre migrants et terres accueillantes.

L’Avent veut dire attente de Celui qui vient. Or si Dieu prend visage misérable, nous voyons bien qu’il est tellement là, au milieu de nous, dans toute sorte de pauvreté : pauvreté sociale, pauvreté morale, pauvreté spirituelle. « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais ! ». Pourtant Il est bien descendu. Et Il est là comme le Repère pour ceux qui ne veulent plus de repère. Comme le Père pour ceux qui refusent l’autorité. Comme l’essentiel pour ceux qui se perdent dans le matériel. Dieu qui vient est là. Laissons donc ce visage de Dieu éclairer notre nuit d’attente.

L’évangile reprend pour cela par quatre fois : « Veillez ». Le chiffre quatre est signe de notre humanité. Dieu met l’humanité en mission. « Veillez » Et comme c’est une mission, nous pouvons peut-être remplacer ce mot par : « Agissez ». Parce que c’est cela que Dieu veut. C’est Dieu qui attend de nous une vigilance active. C’est-à-dire que nous avons des points d’attente du Sauveur qui vient à Noel, et qui attirent notre attention déjà maintenant sur tous ces visages qu’il prend. Dieu fais nous revenir de nos inattentions et de nos inactions.

Alors « Agissons » « Que rien ne vous manque ». Et à ceux à qui il manque quelque chose, soyons pour eux présents. « Car Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice, qui se souvient de toi en suivant tes chemins ». Car si nous ne savons pas quand est-ce qu’il reviendra puisqu’il « viendra comme un voleur », c’est-à-dire, là on ne l’attend pas, sachons qu’il est déjà là où nous refusons de regarder.

Cela peut-être notre propre cœur qui a besoin de conversion dans nos comportements, notre engagement social qui a besoin de témoignage vrai dans nos tâches quotidiennes, notre regard sur le monde qui a besoin d’être rempli de miséricorde et de sagesse de Dieu. Dieu n’est donc pas neutre. C’est nous qui le neutralisons.

Dieu fais-nous revenir de nos silences, que ton visage s’éclaire de la joie de nos actions de justice et de foi, et nous serons sauvés. Toi qui vis et règne pour les siècles et des siècles. Amen !

HOMELIE 25/01/2015

25 janvier 2015

"Venez à ma suite"                                                                                           .im4

Le livre de Jonas, un conte de l'Ancien Testament. Le passage que nous venons d'entendre pourrait nous laisser croire que Jonas n'avait pas froid aux yeux, pour aller à Ninive, ville éloignée, et surtout capitale du grand empire voisin, ennemi d'Israël. Eh! bien c'est tout le contraire, Jonas avait peur au point de tenter, dans un premier temps, de trouver refuge ailleurs pour échapper à sa mission. On peut le comprendre. Mettons-nous à sa place, nous qui sommes déjà parfois très timide pour exprimer notre foi devant nos voisins, nos collègues. Mais Dieu est tenace, et Jonas finit par accepter d'y aller.

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HOMELIE 11/01/2015

messe mission ouv6

Baptême de Jésus

St Benoît 11 janvier 2015, mission ouvrière

Nous voici bien arrosés ! vous avez bien entendu : « Venez, vous tous qui avez soif, voici de l’eau ; venez achetez, vous n’aurez rien à payer ! » On dirait une publicité. Ça sentirait le piège.

Voici le contexte de ces paroles du prophète Isaïe. Elles sont situées dans la partie du livre qu’on appelle aussi le livre de la Consolation d’Israël. En effet, c’est plus qu’un temps de crise : le peuple a été déporté et désespère de l’avenir. À contre-courant, le prophète lui envoie un message d’espérance. C’est au chapitre 55 du livre. Et au chapitre 54, c’est juste à côté, on trouve la phrase-slogan de la mission ouvrière pour cette année : « Élargis l’espace de ta tente. » Là aussi une phrase pleine d’optimisme, et pourtant c’est dans le même contexte.

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Homélie

 homélie du 11 mai 20124 : journée de prière pour les vocations

Comme dimanche dernier, les lectures de ce jour nous font retrouver un témoin dynamique, audacieux, qui n’a pas peur d’affirmer sa foi. Ce témoin s’appelle Pierre. Oui, c’est bien le même qui avait flanché après l'arrestation de Jésus. Il n’avait pas eu le courage de s’affirmer comme un de ses disciples. Il avait peur de subir le même sort. Une faiblesse que nous connaissons nous aussi parfois, sans doute. Mais en même temps, ce n’est plus tout à fait le même Pierre. C’est que, entre temps, il y a eu la rencontre avec le Christ Ressuscité, et il y a eu le don de l’Esprit Saint. Il s’était écarté de Jésus par son reniement, et il s’est à nouveau tourné vers son Maître et son Seigneur. Il a compris maintenant que le Pasteur qu’il voulait suivre ne prend pas les chemins de la facilité. Ses sentiers sont parfois escarpés, semés d’embuches,mais ils mènent à la vie en passant par la mort et la résurrection. Pierre accepte de s’engager à son tour sur ce chemin, répondant ainsi à l’appel de Jésus : « Sois le berger de mon Eglise ».

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